Mercredi 22 avril 2009
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La construction des Arenes de Nimes date sans doute de la fin du 1er siècle de notre ère, à une époque où la ville faisait partie de l'Empire romain. On attribuait autrefois la fondation des Arenes
de Nimes à l'empereur Auguste, qui fit beaucoup pour cette ville. Contrairement à ce que l'on a cru pendant longtemps, de récentes fouilles viennent de prouver que les Arenes de Nimes ont été
construites entre 90 et 120 après J.C., et non un peu avant l'ère chrétienne : le Colisée de Rome, qui aurait servi de modèle, date à peu près de la même période.
La ville de Nîmes s'appelait alors Nemausus, du nom d'une source dédiée au Dieu éponyme, et depuis les années 20 avant J.C., c'était une colonie appelée la Colonia de Neausensis Augusta. Dans cette
colonie, Auguste avait établi un plan d'urbanisme typique d'une ville romaine, construit de splendides édifices et créé une enceinte englobant plus de 200 hectares dont subsiste aujourd'hui la
Porte Auguste. A l'époque de la construction des Arènes de Nimes, ses habitants avaient complètement adopté la langue, les lois et les coutumes des citoyens romains. Et comme la population de Rome,
celle de Nemausus était passionnée pour les spectacles, en particulier par les chasses et les combats de gladiateurs. Mieux que partout ailleurs, les Romains avaient en effet appliqué dans la
province de la Narbonnaise les devoirs du vainqueurs, ceux que le poète Virgile a résumés dans ses vers célèbres de l'Enéide : "Souviens-toi, Romain, que tu dois soumettre les peuples à ton
pouvoir, organiser la paix, épargner les vaincus et dompter les rebelles".
Deux avant-corps de taureaux, émergeant d'un frontispice, rappellent déjà l'univers des corridas. Leur présence s'expliquerait par le goût de l'empereur Auguste pour cet animal, car ses ancêtres
venaient de la ville qui l'honorait, Thurium.
C'est vraisemblablement au VIème siècle que les arènes de Nîmes furent transformées en forteresse par les Wisigoths. Les combats de gladiateurs sont interdits. Le castrum arenae constitue alors un
refuge pour la population en cas de danger. C'est un véritable château fort, entouré d'un fossé. Au VIIIème siècle, les Sarrasins chassent les Wisigoths, avant que Charles Martel ne mette un coup
d'arrêt à leur avance en 737.
Au XIIème siècle, sous la suzeraineté des comtes de Toulouse, ce castrum devient le siège de la vicomté de Nîmes et de ses vassaux, "les Chevaliers des Arènes", et un château est édifié à
l'intérieur du monument. Un véritable village qui comptait encore 700 habitants au 18e siècle, se développe à l'intérieur de l'amphithéâtre avec notamment la construction de deux églises,
Saint-Pierre et Saint-Martin. Ce petit quartier desservi par des ruelles perdure jusqu'au début du XIXème siècle.
Au début du XIIème siècle, l'édifice cesse de jouer un rôle militaire lors du rattachement du Languedoc à la France. Le château entre dans les possessions du roi de France et ses représentants
l'occupent jusqu'au XIVème siècle, avant d'aller s'installer dans un nouveau château construit sur l'emplacement de la porte d'Auguste. L'amphithéâtre abandonné est alors livré aux particuliers.
Les constructions qui l'encombrent (maisons, château des vicomtes, les deux églises) subsistent jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.
1786 marque le début du dégagement de l'édifice romain, prélude à sa restauration : maisons, château et chapelles sont démolis pour redonner au monument son apparence antique. Ce n'est qu'au milieu
du XIXe siècle que l'architecte Henri Revoil achève la restauration du monument.